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Lui et la forêt

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Il marchait dans la foret depuis une longue période d’un pas hésitant, tantôt titubant tantôt ralenti, cherchant un repère ou un but, sans rien trouver…Cet enfant semblait très fatigué par cette longue marche infinie, il avait envie de s’asseoir et de s’allonger pour se reposer et reprendre des forces, mais l’objectif qu’il cherchait ne le laissait pas faire.

Le soleil tapait fort sur sa tête, les ombres des arbres qui se projetait sur ce décors étrange lui faisait en même temps peur et soulageait sa solitude. Il y avait dans cette foret un air qui pesait lourd sur lui, et parfois il trouvait des difficultés pour respirer et l’air passait difficilement dans ses narines. Devant lui, s’étendait une immensité de verdure et d’arbres, et il cherchait par ses yeux grand ouverts un être ou un animal qui pouvait remplir ce tableau sordide, mais en vain, il était seul…très seul…

Avec un esprit pensif et inquiet, il marchait toujours, il n’entendait aucun bruit dans son entourage, sauf le bruit de ses pas et le grésillement des herbes sous ses pieds. « Tiens, se dit-il,je suis pieds nus, je n’ai pas de chaussures et je ne sens rien au niveau de mes pieds! ».Effectivement, il était pied nus et même il n’avait ni vêtements ni habits. »Comment suis-je arrivé là? D’où je viens et où vais-je arriver, se dit-il encore ».Des questions qui restèrent sans réponse. »Peut-être que tout ça n’est pas une réalité?, reprit-il, peut-être que c’est un rêve ou plutôt un cauchemars? ».Mais la situation était toujours là: une foret immense, la solitude, l’angoisse et l’inconnue…

Soudain, il sentit une gouttelette d’eau tomber sur son visage, et qui annonça l’arrivée de la pluie. Rapidement il chercha à se cacher afin de ne pas prendre froid, il se dirigea vers un arbre, arracha des feuilles et des branches, et fabriqua machinalement une cachette en guise de refuge.

« Je vais passer la nuit ici, se dit-il, en attendant que cette pluie cesse,et que le temps s’améliore ».Il se terra dans cette cachette, sous les feuilles et passa des heures interminables. Malgré la fatigue, il a perdu l’envie de dormir: La peur, la faim, et l’incertitude éliminait ce sommeil.

Ses yeux écarquillés dans l’obscurité, scrutaient le ciel noir avec ses rares étoiles et sans lune, à la recherche d’une explication à cette situation, il tendait les oreilles pour mieux écouter cette foret, mais aucun bruit n’était présent sauf le frémissement des feuilles des arbres et le crépitement des gouttes d’eau sur le sol.

La nuit était très longue, et la lumière du jour n’arriva pas encore, l’enfant ferma les yeux et tomba dans un sommeil profond, et abandonna toute lutte vaine. La fatigue a pris le dessus…
Brusquement, un cri surgit du fond de la foret, le réveillant en sursaut, il croyait rêver et que le cri était une illusion de cette nature….Il sortit de sa cachette à la recherche de la source du cri, mais il ne trouva rien. Le soleil du petit matin lançait ses rayons et l’enfant soulagé par sa présence cherchait des herbes et des grains pour se nourrir et prendre des forces. Après une heure du réveil, il continua l’exploration de la foret …Vers la fin, l’enfant eut la certitude qu’il était seul dans cette foret.

Des jours passèrent, et il continuait à survivre dans ce monde vert où il n’y a que des plantes sans aucun autre être vivant,  en passant son temps à explorer et contempler la nature.Tout près de cette scène, il y avait un médecin en tenue de bloc, entouré de trois jolies infirmières. Le bloc était bien prêt à recevoir un patient : les perfusions préparées, le monitorage allumé, la table à servir était pleine de ciseaux et de pinces, le scialytique dirigé vers la table d’opération… Le médecin, qui était apparemment le chef d’équipe, donna un ordre par un geste de sa main droite, et la porte s’ouvrit dans un bruit sournois, et un brancard fut poussé à l’intérieur de la salle par un quatrième infirmier. Sur le brancard se couchait une femme enceinte, qui poussait des petits cris étouffés et des sanglots intermittents. C’était un accouchement en urgence par une césarienne pour sauver le bébé et la mère. Toute l’équipe se concentra sur la femme, et par des mouvements bien coordonnés, le médecin anesthésia la parturiente, ouvrit son bas ventre avec le scalp,et introduisit sa main dans l’utérus de la femme…Dans la foret, l’enfant nu dormait entre les plantes, il était bien chaud malgré sa nudité, lescris qu’il entendait du fond de la foret , ont cessé … soudain une grande main se posa sur lui, le contact de son corps avec la main était froid puisque la main était enrobé de gant de plastique. Elle le tira par les fesses vers le haut et une autre main le prit par la nuque, puis plusieurs mains se précipitèrent sur lui, en exécutant chacune une fonction particulière, le tapoter sur le dos, ou enlever l’herbe qui l’enveloppait….C’était la main du médecin qui le délivrait de la foret, c'est-à-dire de l’utérus de sa mère, et le posa dans la couveuse. L’enfant poussa un cri où se mélangeait la peur, l’angoisse et le froid. Il regretta un instant sa foret et sa solitude et se posa des questions sur ce monde où il y venait malgré lui.
Dr Aboudalal M

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